Le Kripalu yoga
par valerieb
mardi 28 octobre 2008
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Qu’est-ce que le Kripalu yoga ?

Kripalu signifie « compassion ». Qu’est-ce qui différencie le kripalu yoga des autres yogas ? Fait-il partie du hatha-yoga ? Pourquoi est-il si rare ? Quel est le futur du kripalu ?

Le kripalu yoga est actuellement peu répandu au Québec, mais il tendrait à devenir de plus en plus populaire en raison de son approche globale. Ce type de yoga associe étroitement le travail du corps et de l’esprit en cristallisant sur la méditation durant les asanas.

L’enseignement est, comme dans tous les types de yogas, progressif ; le yoga kripalu ajoutant des éléments au fur et à mesure que l’adepte progresse. Même s’il ne comporte pas de séquence spécifique d’asanas, il possède une structure d’enseignement composée de trois niveaux assez marqués.

Sri Kripalvananda, mieux connu sous le nom de Bapuji (1913-1981), est à l’origine du yoga kripalu. Le plus gros centre en Amérique du Nord, « the kripalu center for yoga and health », situé dans le Massachusetts, à Lenox, a déjà formé des milliers de professeurs de yoga kripalu.

Entrevues

Pour Kelly Mcgrath, du Studio Joie du yoga, le kripalu est avant tout le yoga de la compassion. Et pour Clearlight Gerald, d’Espace yoga, aussi professeure de kripalu, l’objectif est de découvrir la liberté qui a toujours été en nous.

Toutes deux nous parlent de kripalu.

Comment définissez-vous le kripalu ?

Kelly : C’est le yoga de la compassion, il nous enseigne l’ouverture du cœur, la bonté, l’amour. En ramenant notre attention sur les sensations de notre corps, sur notre respiration, sur notre mental agité ou stable, nous développons notre conscience et nous cultivons la qualité du cœur.

Clearlight : Certains disent que c’est effectivement le yoga du cœur.

Quel est le type d’enseignement théorique du kripalu ?

Kelly : Dans le yoga kripalu, il y a trois stades qui sont les suivants : au premier stade, il faut asseoir la fondation, on met donc l’accent sur l’alignement et la pratique sécuritaire des postures. On apprend aussi des exercices de pranayama et à coordonner les postures avec la respiration. À ce stade, les postures ne sont pas tenues très longtemps.

Le deuxième stade est celui de la prise de conscience qui est le cœur de la pratique. Les postures sont tenues plus longtemps et on commence à pratiquer la méditation durant les asanas. On devient attentif aux sensations de notre corps, à nos émotions et à nos pensées pendant la pratique.

Enfin au troisième stade, les adeptes, à l’écoute de leur guide divin, enchaînent intuitivement et spontanément les postures.

Et dans la pratique ?

Kelly : Cela a l’air très sérieux et même si les élèves sont extrêmement concentrés parfois, l’enseignement est donné avec humour et nous rigolons souvent.

De façon pratique, au premier stade, je montre les postures, on s’arrête souvent, on tient peu les asanas. Au second stade, on observe les sensations de notre corps et les fluctuations de notre esprit.

Par exemple lorsque nous sommes dans la posture du cobra, je peux demander à mes élèves comment ils se sentent émotionnellement. Pour certaines personnes c’est une véritable explosion d’émotions, pour d’autres, rien. On apprend à connaître les réactions de notre corps et notre esprit. Si on est fatigué, il faudra apprendre à être doux avec soi-même plutôt que de se pousser toujours plus loin.

Pour les plus paresseux, il faudra par contre tenter de se motiver davantage. On devient un observateur de soi, le témoin de sa propre conscience. Ultimement, au troisième stade, c’est l’enchaînement spontané, on est à l’écoute des besoins de notre corps qui nous dira d’aller vers telle ou telle asana, c’est la sagesse intérieure qui nous guide et nous dicte notre enchaînement.

Clearlight : Même si je sais que le kripalu comporte trois étapes, je ne l’enseigne pas de cette façon. Pour moi le plus important ce sont la conscience, la concentration et le mouvement avec la méditation, et cela est valide que l’on soit débutant ou un yogi riche de 10 ans d’expérience. Bien sûr, il y a une base élémentaire et sécuritaire à intégrer, base sur laquelle il n’y a aucun compromis à faire. Je donne donc les guides de base mais ensuite, chaque personne va dans sa pratique personnelle pour se découvrir dans le but de mieux comprendre sa vraie nature.

Cependant j’ai trois niveaux de classes et il est important, pour ne pas se blesser, que chaque personne soit orientée vers le niveau qui lui convient. Par exemple, un athlète qui connaît ses limites ira facilement vers le niveau vigoureux. Dans chaque classe, il y a un temps pour discuter, un temps pour apprendre, un moment pour le chant en sanscrit, un autre pour le pranayama, puis les mouvements libres et enfin la relaxation et la méditation.

Le kripalu yoga est-il du hatha-yoga ?

Clearlight : Si le hatha-yoga incorpore, comme le dit le traité de Patanjali, des asanas et du pranayama, dans ce sens-là, le kripalu est du hatha-yoga.

Mais chez nous en Occident, où le hatha-yoga est plus associé au ashtanga ou au vinyasa, cela dépend du professeur. Il y a des professeurs plus kripalu, d’autres plus vinyasa, d’autres plus hatha-yoga (c’est-à-dire qui font une posture, s’arrêtent, la maintiennent, puis en font une autre).

Personnellement, je mets bien moins l’accent sur les postures et l’enseignement technique que sur l’esprit, l’approche, la raison pour laquelle nous pratiquons. Le but ultime est de découvrir la liberté que nous avons toujours eue en nous.

Quel genre d’école est l’école du kripalu yoga ?

Kelly : Le centre de yoga kripalu de Lenox est extrêmement ouvert aux autres traditions. Il y règne une très grande liberté. On nous considère quand nous arrivons avec notre bagage actuel en yoga. On nous encourage aussi à visiter d’autres écoles de yoga, à faire notre propre cheminement. Ce n’est pas du tout fermé et rigide.

Pourquoi le yoga kripalu est peu connu au Québec en ce moment ?

Clearlight : En Occident le yoga est surtout perçu comme un exercice physique, ce n’est pas mauvais en soi, mais ce n’est pas la seule façon de pratiquer le yoga.

Les écoles de yoga qui mettent l’accent sur le mouvement physique sont plus populaires car notre culture est familière avec l’activité physique.

Pour nous, les classes de yoga très physiques ne sont pas trop étranges ou bizarres. Puis, pendant les asanas, on vit une nouvelle expérience et on commence à explorer, alors on se dirige vers le pranayama ou le chant ou encore la méditation. Les asanas sont juste une porte.


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