D’après le magazine Time de janvier 2003, aux États-Unis, plus de dix-huit millions d’américains faisaient du yoga. Leur nombre aurait doublé en cinq ans.
Le magazine Newsweek indique, quant à lui, qu’à l’heure actuelle, presque vingt millions ont adopté le yoga, ce qui fait environ 7% de la population américaine. Le Canada, le Québec et les États-Unis ont sensiblement le même pourcentage de pratiquants. Toujours pour l’Amérique du nord, Newsweek annonçait en 2003 que 75% des clubs de remise en forme offraient à présent des cours de hatha yoga (yoga traditionnel indien). En quatre ans, ce chiffre avait, lui aussi, été multiplié par deux.
Les occidentaux étant stressés, agités et inquiets, le yoga leur apporte relaxation, concentration et calme ; nul doute que cette discipline allait remporter un franc succès chez nous. On dénombre plus de 150 centres de yoga à travers le Québec (77 sont répertoriés), et au moins 300 professeurs répartis dans toute la province. Étant donné ces chiffres qui doublent, triplent et quadruplent, on comprend aisément qu’il y a là tout un marché lucratif qui a, lui aussi, débarqué sur notre territoire.
Le yoga, une affaire de femmes et d’enfants ?
Même si le yoga attire majoritairement les femmes, les hommes y viennent peu à peu. D’après le magazine « Yoga Journal », les hommes, parmi les pratiquants de yoga, ne représentaient que 12% en 2001, alors qu’en 2004 ils occupaient 23% des salles de yoga. Étant donné la douceur et la non violence de cette discipline, les personnes du 3ème âge embarquent dans le mouvement : un rythme de yoga est spécialement conçu pour elles, aux postures plus lentes, simplifiées, avec variations et aussi mieux adaptées à leurs capacités et à leur âge.
Les enfants et les adolescents ne sont pas laissés pour compte non plus, bien au contraire, ils ont, eux aussi, leur propre yoga plus actif et plus dynamique ; Il s’agit d’un yoga basé sur des jeux. À titre d’exemple, ils jouent au jeu : 1-2-3 soleil, lorsque les enfants ont à s’immobiliser, ils doivent, en la leur ayant bien démontré, bien apprise, prendre une des postures d’équilibre du yoga.
Par rapport aux adultes, ils ont bien souvent un avantage considérable : une souplesse naturelle qui n’a pas encore eu le temps d’être entachée par de vieilles mentalisations. Leur difficulté est de rester concentrés, le pourquoi de les maintenir le plus souvent dans le mouvement.
Parlons prix
Un cours de 45 mn à 2h de yoga peut varier entre 8 à 15$. Les cours de méditation dirigée sont dans la tranche de 5 à 10$. Par contre, la méditation pratiquée dans certains centres de yoga en soirée et tôt le matin, elle est libre et gratuite. Cependant, la tendance va se démocratisant en regard de la pratique du yoga, tout comme celle du tai-chi : bien qu’elle soit adoptée par les classes supérieures et moyennes, désormais elle s’applique à tous.
En pénétrant dans les YMCA et YWCA, depuis trois ans, les cours de yoga sont inclus dans les forfaits, deviennent abordables et, de ce fait, un plus grand bassin de population y a accès.
La foire aux yogas
Avec le temps, bien des types de yoga nous sont parvenus et il devient difficile de s’y retrouver. Il semble y en avoir pour presque tous les goûts.
- Par exemple, pour celui qui aime bouger vite il y a l’Ashtanga yoga (ou power yoga) qui ressemble à de l’aérobic.
- Le Hatha yoga ou yoga traditionnel, le plus répandu, qui, selon une variété de postures en alternance et savamment étudiées, fera travailler davantage l’adepte sur la tenue de la posture, la respiration et le temps de relaxation.
- Le Kripalu yoga est un yoga plus zen ou plus méditatif : les positions sont enchaînées, sans pause, mais tout en douceur et en continu.
- Le Hot yoga, ou Bikram yoga, a beaucoup fait parler de lui, il se pratique en salle surchauffée.
- Peu répandus encore, mais aussi disponibles à Montréal, deux types de yoga hautement thérapeutiques : le yoga Égyptien axé sur la rééducation de l’appareil locomoteur, travail efficace sur les difficultés de la colonne vertébrale et le yoga Kung-fu ou yoga Chinois on ne peut plus régénérateur.
On ne compte plus non plus les écoles de yoga où l’on devient professeur de yoga. Certaines écoles sont plus rigoureuses que d’autres : les formations varient de quelques fins de semaine à un mois. Quant à la méditation, elle est de différents types : soit, basée sur la visualisation comme la méditation tibétaine ou sur le souffle, comme dans la méditation zen. Tout un choix à Montréal où l’on trouve quelques dizaines de centres pratiquant la méditation dirigée ou la méditation libre.
Lieux de retraite
Le yoga et la méditation ont leurs propres lieux de retraite. En général, ils sont situés en pleine campagne, dans le calme et loin de toute pollution. On note, au Québec, quelques rares Ashram ou communautés spirituelles axées sur la pratique du yoga et de la méditation. Le plus connu et le plus important est l’Ashram de yoga Sivananda, situé à Val Morin dans les Laurentides.
Deux à trois formations de professeurs ont lieu chaque été et début d’automne avec nombre d’intéressés qui viennent de différents horizons : Amérique du Nord, Europe, Israël, Amérique Latine, Asie, etc. Également, durant l’été, beaucoup de programmes de choix sont offerts aux visiteurs, tels que : conférences et ateliers sur l’ayurvéda ; programme de désintoxication ; la pensée positive ; la force des mantras…
Ashram, un univers de discipline
Parfois méconnu, on peut se méprendre sur l’image d’un ashram en Inde qui est en toute authenticité un lieu de spiritualité où l’on y exerce une pratique forte et assidue de yoga et de méditation. l’Ashram de yoga Sivananda en est une réplique.